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Bonne lecture!

Christian Castelli

Consolation                                  
Comment perdre la tête
Le Perroquet
Le Scientifique
Rêve de bois
Une prière et un cantique
Tic-Tac
La Mouche
Le Cancre
Le Messager
Terre promise
La petite note
Vent
Les fifrelins
Hypocrisie
La bourse
L’abeille
Le papillon
Le coeur poète
En voiture
Bavardage
Un petit bateau
Destination
Le poulailler
Innocence
Ma prière
Margot et la mise en boîte
Convoitise la Limace
Une histoire de chiffon
Le mille-pattes
Souvenir pour Nougaro
La bonne direction
Sa majesté
Poubelle
Batracien
Incivisme
Le Citadin
Muriel
Le poète chauve
Mon chant de liberté
Le pitre des cieux
Randonnée
Linottes
Lulu la godasse
Le vieux chêne
Sauvage
Galapagos
Chronique pour vielle dame
Marmotte
Rêve volatile
Le temps
Le mouchoir
La fourchette
Raz- de marée
Africa
Le singe vert
Le loup apprivoisé
Jazz de paix
Filles de joie
Le chat et le poète
La chasse à courre
Cher Raymond
L’amour
Favelas
Le macaque jongleur
Aigle
Dame Lune
Cheval
“Miraculeuse”
Pliage
Mon jardin à la française poèsie
Mati pique
Libido
Banquet champêtre
Angelo
Un poète à paris
Soldat de plomb
Petite fleur
Boite à musique
Sur le dos de mon âne
“Pataplouf”
Asticot
Automne
Chimères
Rencontre fugace
Censure
Echec
“A la Saint Glinglin”
Paradis perdu
Chasseur de nuages
Gaspard l’escargot
Pas convaincu
Souffleur de verre
Démocratie
Cœur volage
“S’il vous plaît”
Poupée de porcelaine
Cœur de marbre
***
Festival
Etoile bleue
Ope rat
Mr Jobastre
Grand âge
Vérité
Mot d’amour
Crise
Le forgeron
Consommatus
Chat noir
Arbre de vie

Passant / Olivier / Merle / Tantine / Pierrot / Jean-Paul /

Goéland / viață nomadă / Masque / Mendiant / Roland /

Couvre-chef / Bal en soirée / Dictionnaire / Pour qui pourquoi /

Poéticiens / Rictus / Souffle / Fukushima / Photographe / Pouvoir / Sidéral /

Commentaire (1) »

Sidéral

Sidéral

Il voulait cueillir des étoiles,

Offrir un bouquet de lumières ;

Pour une romance spatiale,

Un amour extraordinaire.

 ***

Ayant souillé sa blanche plume,

Par des amours aventurières ;

Il n’a pu cueillir que la lune,

Astre à la clarté éphémère.

 

Au jardin de la providence,

Le poète connut un ange.

Dépourvu de toute innocence,

L’homme ne put donner l’échange.

 ***

Le verbe sans infinitif,

Que seul un fanfaron conjugue ;

Pour rendre réel le fictif,

Lorsque son cœur fait une fugue.

 ***

Simple troubadour à princesse,

Il a traversé tout l’empire.

En quête d’un cœur en faiblesse ;

Poète fou, joueur de lyre.

 

Veuve au visage disgracieux,

Reine bossue de Pampelune,

Rendit sont courtisant heureux ;

Quand il lui décrocha la lune.

 ***

Les étoiles sont pour la femme

Qui inspire l’imaginaire.

Fée céleste de nos fantasmes,

Muse de nos belles prières.

***

C’est pour cette raison que Dieu

Refusa à l’homme les ailes,

Qu’il accrocha à l’ange heureux ;

Sans l’amour qui rend infidèle.

 ***

Mais les étoiles de nos soirs,

Ne sont elles pas toutes blanches ;

Tant elles sont loin du regard ?

Le sidéral n’est qu’apparence.

Commentaires (2) »

Pouvoir

Pouvoir

Le corbeau fait le nid de l’aigle.

Lustrant si bien sa sombre plume,

Pour l’apologie opportune.

Noble mensonge de légende ;

Faible vertu devient si grande.

***

Plume noire d’ange déchu,

Mettant sur le trône un cul nu.

Le pouvoir fait couler de l’encre,

Habille de fil d’or les cancres.

***

Le corbeau fait le nid de l’aigle.

La main du riche créancier

Met à genoux le chevalier.

Un galant de cours mal nourri

Est un vautour de calomnie.

***

Survolant terres et rivières,

Ombre de peur, ombre de guerre ;

La misère fauche les blés

Et affame le nouveau né.

***

Le corbeau fait le nid de l’aigle,

Dans le cœur du pleutre et du faible.

Les oiseaux de proie font pitance,

Dans le charnier de nos souffrances.

***

Le poète à la plume d’oie,

Hors politique et hors la loi ;

Ecrit l’utopique nouvelle,

Pour vagabondes hirondelles.

***

Messagères des longs voyages,

Voyageuses du fond des âges.

Troubadours des cieux et des rêves,

Anges des âmes qui s’élèvent.

***

L’envoyé de l’imaginaire

Qui frappe au cœur du condamné ;

Pour répliquer à ses prières,

Par l’espoir d’être délivré.

 ***

Le doux rêve de l’opprimé

Lui ferme doucement les yeux.

Mélodie d’un songe oublié

Charme l’âme du malheureux.

 

Libre du pouvoir de l’hermine,

Il ne voit plus, murs et barreaux.

Libre du pouvoir de l’hermine,

Il échappe ainsi au bourreau.

L’ange fait le nid du poète.

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Photographe

Photographe

 

Ombre et lumière au bal du temps,

Dansant sur le plat horizon,

La valse des quatre saisons ;

Œuvre magique de l’instant.

***

Le diaphragme photographique

Imprime sur la pellicule,

La poésie d’un crépuscule.

Olympus reflex romantique.

***

Photo jaunie en noir et blanc,

Amour nostalgique en album,

Lointain voyage en polychrome.

Photographe maître du temps.

 ***

Ton regard embrasse la vie.

Sombre éclat, ombre lumineuse,

Ame triste et âme radieuse.

Mouvement en paralysie.

***

« Merci l’ami, pour ce sourire,

Qui exprime tout ton plaisir,

Pour l’éternité. »

 

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Fukushima

Fukushima

 

Le grand soleil rouge se lève,

Comme un prince veillant sans trêve ;

Sur l’infante du Pacifique,

Douce, gracieuse et lunatique.

 ***

Bien des prétendants peux glorieux,

Traversant les mers et les cieux,

Vinrent s’échouer sur ses plages,

Naufragés aux pâles visages.

 ***

Fille vierge du samouraï,

Victorieux à chaque bataille,

Va à la mort, revient en vie,

Comme un cerisier qui fleurit.

***

Un papillon noir velouté

Vient par ses ailes, caresser,

Son visage, de riz poudré ;

Pour clore ses yeux à jamais.

***

Le soleil, étoile de feu,

Déserte l’horizon des cieux.

La vague folle d’amertume,

Chante une épitaphe à la lune.

 ***

« Le samouraï n’était pas là,

Pour te protéger de son bras ;

Contre le doux papillon noir ;

Ephémère folie d’un soir.

Tristesse écumant ton visage,

Ta douleur siffle comme un merle.

Dépouillée de tes beaux rivages,

Ce collier, de précieuses perles. »

 ***

« Tu quittes la scène côté mort ;

Mais tu reviendras victorieuse, côté vie ;

Fukushima. »

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Souffle

Souffle

Deux enfants jouent sous le soleil,

Au ballon noir, au ballon blanc ;

En désespoir, en insouciants.

Deux enfants jouent sous le soleil ;

Mais pas sous le même regard.

Mers et continents les séparent.

 ***

Tourmentés par vents et orages,

Deux enfants forcés au voyage.

Inconnus sans commun langage,

Prisonniers d’un simple grillage.

*** 

Deux enfants jouent dans un quartier,

Etrangers de notre mémoire.

Bambins pauvres de leur histoire ;

Deux enfants jouent dans un quartier,

De cette ville sans passé ;

Bidonville pour réfugiés.

 ***

L’anthropophage de nos âmes,

Créancier divin de nos blâmes,

Recrute l’innocent sans arme ;

Pour un avenir bien infâme.

 ***

Avenir sur vaines promesses,

Comme visa sur passeport ;

Destin de vie livré au sort.

Avenir sur vaines promesses,

Un ballon noir, un ballon blanc ;

Laissés à la course du temps.

 ***

Affranchis de leur innocence,

Par l’illusion et ses souffrances ;

Deux artistes peignent l’espoir,

Sous un seul et même regard.

 ***

Au regard du ciel bienveillant,

S’écrit l’histoire en coup de vent.

Capricieux nuages s’amusent,

Tantôt orageux, tantôt muses.

 ***

Deux artistes chantent l’amour,

Sur le pavé de la misère,

Sous le regard furieux des guerres.

Deux artistes chantent toujours,

Quand le pavé devient colère

Et que l’amour est éphémère.

 

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Rictus

Rictus

 ***

Doux rictus sur visage d’ange,

Ailes pliées, bras grands ouverts,

Démon en habit de lumière.

Je lui dis « non », ça le dérange.

 ***

Il sacre « roi », tous ces bêlants,

Sur des chèvres et des moutons ;

Pour tondre l’âme et la toison,

Des jeunes brebis du printemps.

 ***

De sa corne d’abondance,

Fruits d’or et pétales de rose,

Discours d’amour aux milles proses.

Tu dis « non », et ça l’offense.

 ***

Magicien d’ombre et de lumière,

Divinité de nos malheurs,

Monarque de nos courtes heures.

Nous disons « non », et c’est la guerre.

 ***

Il transforme les roseraies,

En épais maquis de broussailles,

Champ de fleurs en champ de batailles ;

Mensonge en pieuse vérité.

 ***

Il est vicaire de profanes,

Apothicaire de nos âmes ;

Tenancier des lieux de prières,

Faux prophète de vraies misères.

 ***

 Le ministre de peu de foi,

Couronne notre dieu en roi.

Brûle les champs blonds de nos rêves,

Abreuvant le sol de sa sève.

 ***

La sève fielleuse et fétide,

Qui ruisselle des cœurs cupides.

Jarres d’aisance pour démons,

Vinaigre d’homme sans renom.

 ***

Le lait maternel frelaté,

Qui abreuve le nouveau né.

L’homme futur, un prédateur,

Qui doit sa survie à la peur.

 ***

Dans son désert, désemparé,

Bel animal dénaturé,

Il cherche Dieu dans sa mémoire ;

A genoux en quête d’espoir.

 ***

Lui apparait comme réponse,

Un rictus sur visage d’ange.

Le ciel d’azur enfin se fonce ;

Est-ce un démon ou bien l’archange ?

 ***

Ailes pliées, bras grands ouverts ;

L’avenir de l’homme est sous terre.

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Poéticiens

Poéticiens

Je suis un homme de papier,

Feuille blanche souillée d’injures.

Lettre à la cire cachetée,

Du sceau de la magistrature.

 ***

Epais dossier rangé en liasse,

Comme vulgaire paperasse.

Sous la main d’un homme de robe,

Défenseur des lois et des codes.

 ***

Mon cœur, un parchemin usé,

Que l’amour tâche d’une empreinte.

Que haine noircit au brasier,

En alexandrin de complainte.

 ***

Je suis un homme condamné,

Sous grise plume et encre noire.

Homme en proses mal rédigées,

Brouillon divin, sonnet d’espoir.

 ***

Coupable en fautes d’orthographe,

Et mauvaises ponctuations.

Pour avoir écrit l’épitaphe,

D’une moribonde saison.

 ***

Saison des rois tapisseries,

Le printemps des lys et des roses.

L’hôte de l’Hadès me sourit,

Lorsque mon âme, je dépose ;

 ***

Sous la main de l’homme de robe,

Défenseur des lois et des codes.

 ***

Caboche à couper sur affiche,

Papier de qualité médiocre,

Tronche souriante, je triche.

Portrait, qu’un journaliste croque.

 ***

Je suis un homme de papier ;

Un vulgaire papier journal.

Rubrique, « faits de sociétés ».

Poète fou et marginal.

 ***

Pour un attentat poétique,

Aux grands poéticiens publiques.

Couturiers du prêt à penser,

Au silence, m’ont condamné.

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Roland

Roland

***

De son héroïque aventure,

Peinte sur l’histoire des hommes

Ne reste qu’une vieille armure ;

Chevalier mort pour un royaume.

***

Mais que reste-t-il de Roland ?

Une tapisserie, un chant.

Chant de guerre sur un mur froid,

Comptine martiale en « françois ».

***

Chanson de gloire et de bravoure,

Echo charrié aux quatre vents.

Par un vagabond toubadour,

Graveur d’histoire au cœur du temps.

***

Quand le cœur devient jarre vide,

L’âme devient spectre livide.

Sommes-nous enfants de fantômes,

Ou héritiers de nos grands hommes ?

***

Que reste-t-il du troubadour,

De cet apôtre d’épopée,

Ce prêcheur de gloire à la cour

Des vassaux de la royauté ?

***

Un vieux parchemin en vitrine,

Quand la vérité se mutine.

Roland devient imaginaire,

Quand poésie se fait guerrière.

***

Que reste-t-il à Roncevaux ?

Un nom propre sur un caveau.

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Jean-Paul

Jean-Paul

Du trisomique, le sourire,

Nous, éblouit comme un soleil.

Que nous cachons pour prémunir,

Notre cœur de trop de merveilles.

***

Les nuages cachent les anges,

Honteux de se montrer à nous.

Cette sagesse qui dérange,

Notre bel orgueil, qui rend fou.

***

Dame pieuse qui nous sermonne.

Philosophe semble pensif.

Nobles monarques qui frissonnent,

Quand l’aigle devient fugitif.

***

Nous ne sommes pas très glorieux,

Quand le trisomique regarde,

La gêne qui cligne des yeux ;

Lorsque notre amour se dégrade.

***

Comment rayonner d’un sourire,

Quand le feu de l’âme est éteint.

Il devient prétentieux de vivre,

Pour ceux qui sont plus « grand » qu’un saint.

***

Ils regardent avec dédain,

Jean-Paul le jeune,trisomique,

Venu du ciel des chérubins,

Pour offrir l’amour authentique.

***

Il sourit à ce monde étrange,

En quête de chaleur humaine.

Mais tout handicap nous dérange,

Par notre vision trop mondaine.

***

Les anges viendront cette nuit,

Chercher Jean-Paul, pour leur royaume.

Se méfiant de notre mépris.

Hommes indignes que nous sommes.

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Masque

Masque

Je joue dans le ciel…

A transformer les blancs nuages,

En figures imaginaires.

Je pars dans le ciel, en voyage ;

Très loin de ce théâtre austère.

***

Vous jouez sur scène…

A transformer des marionnettes,

En figurines éphémères.

Jouez sur scène l’opérette,

De notre humanité en guerre.

***

Je joue dans le ciel…

A transformer mes noirs nuages,

En chansons de paix pour les sourds.

J’écris dans le ciel mon message ;

Comme un rossignol troubadour.

***

Vous jouez sur scène…

Les comédies de nos monarques,

Les tragédies des misérables,

Avec le masque d’Andromaque ;

Figure aux vertus respectables.

***

Chassés par les vents…

Mes beaux nuages de bonheur,

Ne donneront pas une goutte,

A cet assoiffé qui se meurt.

Trop loin, pour un centre d’écoute.

Trop loin, de nos dieux éternels.

Trop loin, de nos cœurs sentinelles.

Trop loin, de nos anges masqués,

Qui nous ont évangélisés.

***

Je joue sur le lac…

A transformer mon beau visage,

En figure de vraie détresse.

Sur le lac je me dévisage,

Sans mon masque blanc de noblesse.

***

Vous jouez sur scène…

A me transformer en poète ;

Parce que je porte un beau masque.

 Belle tronche qui fait recette ;

Plus médiatique qu’Andromaque.

***

Mais quand le lac, enfin se lisse,

Ma figure devient humaine.

Je me mire comme Narcisse,

Ravi d’être resté le même.

***

Brume sur le miroir du ciel,

Scène sereine où cygnes valsent.

Où les vents voilent le soleil,

L’image du masque s’efface.

***

Se joue sur la scène du monde,

Une sordide comédie.

Là où nuages blancs abondent,

Les assoiffés meurent sans pluie.

***

Je peins dans le ciel…

Des difformes et noirs nuages,

En figures humanitaires.

Abreuvant de leurs noirs orages,

Les champs où pousse la misère.

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